Nous avons fui les mouvements convulsifs d'une ville
folle pour revenir à la tranquillité mortifiante d'une ville appauvrie et
fantomatique. Agonisante d'une pourriture intérieure, emplie de décrépitude et
d'âme en peine. Les monuments tombant à l'abandon dans la ruine de leurs
briques anciennement entourées d'attention bienveillante. La nature, elle, ne
reprend pas ses droits devant les assauts peu fréquents des fonctionnaires qui
croient toujours en la croissance imaginaire. Cette nature est, sans contredit
seule chose, qui retient encore en ce lieu les êtres vivants et éveillés, de
moins en moins nombreux, victime de leur amour de cet univers à la longue
agonie. Cette ville deviendra fantôme avec la déportation de ses membres
toujours en quête de meilleur. Ne créant rien dans leur propre lieu, allant le
chercher chez les autres, à des milliers de kilomètre s'il le faut. Lâche ou
intelligent. Fuir devant la mort pour aller vers un avenir plus beau? Ou fuir
devant la résurrection des villages et des tâches dites insurmontable, pour une
utopie une peu trop alléchante? Que faut-il penser de ce grand abandon d’une
communauté? Illusion grandiose ou triste vérité?

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